Raymond Devos

Publié le par Boukhemis Hamid

 

A tort ou à raison


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On ne sait jamais qui a raison ou qui a tort. C'est difficile de juger. Moi, j'ai longtemps donné raison à tout le monde. Jusqu'au jour où je me suis aperçu que la plupart des gens à qui je donnais raison avaient tort ! Donc, j'avais raison !

Par conséquent, j'avais tort ! Tort de donner raison à des gens qui avaient le tort de croire qu'ils avaient raison. C'est-à-dire que moi qui n'avais pas tort, je n'avais aucune raison de ne pas donner tort à des gens qui prétendaient avoir raison, alors qu'ils avaient tort ! J'ai raison, non ? Puisqu'ils avaient tort ! Et sans raison, encore ! Là, j'insiste, parce que ... moi aussi, il arrive que j'aie tort.

Mais quand j'ai tort, j'ai mes raisons, que je ne donne pas. Ce serait reconnaître mes torts !!! J'ai raison, non ? Remarquez ... il m'arrive aussi de donner raison à des gens qui ont raison. Mais, là encore, c'est un tort. C'est comme si je donnais tort à des gens qui ont tort. Il n'y a pas de raison ! 

En résumé, je crois qu'on a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort !   


 

 

La porte

 

 

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Chaque fois que je fais mon " tour " à un moment j'invente une histoire. Je dis au public: Si quelqu'un veut bien me donner un thème sur lequel je puisse improviser...

Et un soir, dans la salle, un spectateur me crie:

- Moi, je vais vous en donner un. Voila! Vous, Devos, l'artiste, quand vous n'êtes pas sur votre planche qui oscille sur la mer (rappel du sketch intitulé " L'artiste "), vous avez bien un pied-à-terre?

Je lui dis:

- Oui monsieur!

- Eh bien, supposons que vous n'ayez pas payé votre loyer depuis des semaines. Le propriétaire des murs vous met à la rue II vous dit: " Prenez la porte!". Qu'est-ce que vous faites?

Je lui dis:

- Je la prends... et avec son chambranle!

Parce que, sans chambranle, une porte ne peut ni s'ouvrir ni se fermer, je vous le signale. Si vous prenez la porte, il faut emporter le chambranle avec! Bref! Je prends la porte avec son chambranle et je sors dans la rue.

Le spectateur:

- Et alors?

Je dis:

- Et alors, arrivé au milieu de la rue, je pose ma porte...

Il me dit:

- Et alors?

- J'ouvre la porte. Je sors dans la rue. Je prends l'air... Je fais quelques pas pour me dégourdir les jambes... Et comme le temps est à la pluie, je rentre. Je repasse le pas de la porte... et je me retrouve à la rue. Je dis: Tiens ? J'ai dû faire une fausse manœuvre. Je ressors dans la rue. Je reprends l'air... le même... Je refais quelques pas pour me dégourdir les jambes... les mêmes! Et comme le temps est toujours à la pluie, je rentre. Je repasse le pas de la porte... et je me retrouve dans la même rue.

Le spectateur:

- Et alors?

Je dis:

- Alors, je change de rue. Je reprends ma porte... avec son chambranle... Tout à coup, j'entends frapper

- Qui c'est?

- Police!

J'ouvre. Un agent de police...

- Vous avez votre passe-porte ?

- !!

- Et votre permis de port de porte?

Je dis:

- ! Non!

- Je vais être obligé de le mettre dans mon rapport(e).

Je lui dis:

- Mettez! Mettez!

Il me dit:

- Quel est votre nom?

Je lui dis:

- Il est sur la porte.

- Ah, il me dit, c'est vous, Devos? N'allez pas en faire une histoire!

Je lui dis:

- C'est trop tard, je suis en train de la faire...

Il me dit:

- Où habitez-vous?

Je n'ai pas osé lui dire que j'habitais une porte... Pensez... à un agent!...

J'ai dit:

- J'habite le petit hôtel qui est là!

- Ah, il me dit, c'est la porte à côté. Je vous accompagne. Arrivé devant l'hôtel, je laisse ma porte au portier... avec la clef... pour qu'il puisse la déplacer le cas échéant..

(Au public:)

Vous me suivez, là ?

Je loue une chambre et je vais me coucher...

Le spectateur:

- Et alors?

Je dis:

- Et alors, le lendemain, je téléphone au portier. Cinq minutes plus tard, ma porte est devant la porte de ma chambre. Je n'ai plus que deux portes à traverser et je suis chez moi. Je prends ma porte par la poignée (comme une valise), pour ne pas me faire remarquer... Je descends dans le hall... Et le concierge me dit: Monsieur, vous avez oublié de remettre la clef de la chambre! - Ah, je dis, non, je l'ai laissée sur la porte! Il me dit: - Oui, mais vous avez gardé la porte sur vous! (J'avais emporté les deux portes!) Alors, je lui rends la porte-clefs... et je sors avec ma porte-bagage.

(Au public:) Là, il faut suivre, hein...Il faut suivre!

Le portier se précipite. II me dit:

- Monsieur, on vient de me mettre à la porte. Voulez-vous m'engager comme portier?

Je lui dis:

- Mais mon pauvre ami, si je vous engage comme portier, je vais être obligé de vous remettre á la porte!

- Ah, il me dit, je n'avais pas pensé á ça...

Je lui dis:

- Si, si!... Ce que je peux faire pour vous, c'est vous prendre comme porteur...

- Ah, il me dit, c'est mon premier métier. Avant d'être portier, j 'étais porteur.

Je lui dis:

- Qu'est-ce que vous portiez?

Il me dit:

- Tout ce qui se porte!

Je lui dis:

- Vous pouvez porter ma porte?

Il me dit:

Volontiers!... Je la porte oú?

Je lui dis:

- N'importe où ! Peu importe!

Il prend ma porte sur son épaule.

Oh, je lui dis, elle vous va bien.

Vous la portez mieux que moi!

Il me dit:

- C'est une prêt-à-porter...

C'est ce que je porte le mieux!

Et nous voilà partis... A un moment, il me dit:

- Vous savez que j'ai voulu faire comme vous... Mais au lieu de prendre la porte, j'ai voulu emporter le toit.

Je lui dis:

- Et alors?

Il me dit:

Comme le toit ne passait pas par la porte, j'ai voulu le passer par la fenêtre, mais ma femme s'y est opposée. Elle m'a dit: " Si tu franchis ce pas, je ne pourrais plus vivre avec toi car je ne saurais vivre sans toit! ". Elle m'a dit: " C'est le toit ou moi. Ou tu me prends, moi, ou tu prends le toit!"

Je lui dis: - Qu'est-ce que vous avez fait?

Il me dit: - J'ai fait le mur!

A un moment, je lui dis:

- Où on est ici?

- On est à mi-chemin de " n'importe oú ". On vient de passer " n'importe " et on va arriver à " où ".

Je lui dis:

- Bon, laissez-moi là! Ca va très bien...

Il me dit:

- Vous pouvez me donner un autographe?

Je dis:

- Volontiers ! Je le mets où?

Il me dit:

- Sur le chèque!

Alors, je mets: " Au porteur... avec toute ma sympathie! "

- Au revoir, monsieur. Portez-vous bien!

Je ne sais pas ce qu'il a voulu dire... Et comme je m'apprêtais à reprendre ma porte, J'entends derrière... des gloussements... des rires étouffés.. J'ouvre. Et je vois une salle obscure... avec des gens assis au premier rang... tout comme je vous vois, mesdames et messieurs... Et au milieu de la salle, un spectateur qui se met à crier...

Des spectateurs:

- Et alors?

J'ai dit:

- Alors... euh...

Je ne savais plus du tout comment mon histoire se terminait. Je ne savais même plus comment elle avait commencé... Un trou de mémoire!

J'ai dit:

- Excusez-moi! Je me suis trompé de porte!

Pfoff! (geste de la refermer)

J'ai dit: Je vais sortir par la porte côté cour...

Fermée!

La porte côté jardin... fermée !?

La porte du fond... fermée!

Je dis: Tiens? Ca doit être la fermeture annuelle des portes. Je vais sortir par la porte qui donne dans la salle... Et alors que je croyais tourner la poignée de ma porte, je me suis aperçu que c'était la porte qui tournait mon poignet... Lá, j'ai compris que j'avais franchi un seuil. Comme on " s'emmure " dans un mur, Je m'étais " emporté " dans ma porte J'étais pétrifié dans mon chambranle... Je ne pouvais plus ni m'ouvrir ni me fermer... Savez-vous ce qui m'a sauvé, mesdames et messieurs? C'est la pluie... La pluie qui s'est mise à tomber. Une pluie bienfaisante... une pluie torrentielle... diluvienne! En peu de temps, tout a été inondé. J'avais de l'eau jusqu'à ma... serrure! C'est alors que l'image de l'artiste sur sa planche... (Rappel du sketch intitulé " L'artiste ") ... qui oscille sur la mer... J'ai pris ma porte. Je l'ai posée sur l'eau. Je suis monté dessus... Et je me suis laissé emporter par les flots en priant le Ciel que ma porte ne s'ouvre pas!

 


 

Le visage en feu

 

 

 

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J'arrive à un carrefour, le feu était au rouge.

Il n'y avait pas de voitures, je passe !

Seulement, il y avait un agent qui faisait le guet. 

Il me siffle.

Il me dit :

- Vous êtes passé au rouge !

- Oui ! Il n'y avait pas de voitures !

- Ce n'est pas une raison !

Je dis :

- Ah si ! Quelquefois, le feu est au vert...Il y a des voitures et . .. je ne peux pas passer !

Stupeur de l'agent !

Il est devenu tout rouge.

Je lui dis :

- Vous avez le visage en feu !

Il est devenu tout vert !

Alors, je suis passé !

 

 

 

 

Parler pour ne rien dire - Raymond Devos

 

 

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Mesdames et messieurs ... je vous signale tout de suite que je vais parler pour ne rien dire.
Oh! je sais! Vous pensez :
« S'il n'a rien à dire ... il ferait mieux de se taire! »
Evidemment! Mais c´est trop facile! ... C´est trop facile!
Vous voudriez que je fasse comme tout ceux qui n´ont rien à dire et qui le gardent pour eux?
Eh bien, non! Mesdames et messieurs, moi, lorsque je n´ai rien à dire, je veux qu´on le sache!
Je veux en faire profiter les autres!
Et si, vous-mêmes, mesdames et messieurs, vous n´avez rien à dire, eh bien, on en parle, on en discute!
Je ne suis pas ennemi du colloque.
Mais, me direz-vous, si on en parle pour ne rien dire, de quoi allons-nous parler?
Eh bien, de rien! De rien!
Car rien ... ce n´est pas rien
La preuve c´est qu´on peut le soustraire.
Exemple: Rien moins rien = moins que rien!
Si l´on peut trouver moins que rien c´est que rien vaut déjà quelque chose!
On peut acheter quelque chose avec rien!
En le multipliant
Un fois rien ... c´est rien
Deux fois rien ... ce n´est pas beaucoup!
Mais trois fois rien! ... Pour trois fois rien, on peut déjà acheter quelque chose ... et pour pas cher!
Maintenant, si vous multipliez trois fois rien par trois fois rien:
Rien multiplié par rien = rien.
Trois multiplié par trois = neuf.
Cela fait rien de neuf!
Oui ... Ce n´est pas la peine d´en parler!
Bon! Parlons d´autres choses! Parlons de la situation, tenez !
Sans préciser laquelle!
Si vous le permettez, je vais faire brièvement l´historique de la situation, quelle qu´elle soit!
Il y a quelques mois, souvenez-vous la situation pour n´être pas pire que celle d´aujourd´hui n´en était pas meilleure non plus!
Déjà, nous allions vers la catastrophe et nous le savions ...
Nous en étions conscients!
Car il ne faudrait pas croire que les responsables d´hier étaient plus ignorants de la situation que ne le sont ceux d´aujourd´hui !
Oui ! La catastrophe, nous le pensions, était pour demain!
C´est-à-dire qu´en fait elle devait être pour aujourd´hui!
Si mes calculs sont justes!
Or, que voyons-nous aujourd´hui?
Qu´elle est toujours pour demain!
Alors, je vous pose la question, mesdames et messieurs:
Est-ce en remettant toujours au lendemain la catastrophe que nous pourrions faire le jour même que nos l´éviterons? D´ailleurs je vous signale entre parenthèses que si le gouvernement actuel n´est
pas capable d´assurer la catastrophe, il est possible que l´opposition s´en empare!

 


A tort ou à raison - Raymond Devos

 

 

 

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On ne sait jamais qui a raison ou qui a tort.
C'est difficile de juger.
Moi, j'ai longtemps donné raison à tout le monde. Jusqu'au jour où je me suis aperçu que la plupart des gens à qui je donnais raison avaient tort !
Donc, j'avais raison !
Par conséquent, j'avait tort !
Tort de donner raison à des gens qui avaient le tort de croire qu'ils avaient raison.
C'est-à-dire que moi qui n'avais pas tort, je n'avais aucune raison de ne pas donner tort à des gens qui prétendaient avoir raison, alors qu'ils avaient tort !
J'ai raison, non ?
Puisqu'ils avaient tort ! Et sans raison, encore !
Là, j'insiste, parce que ... moi aussi, il arrive que j'aie tort.
Mais quand j'ai tort, j'ai mes raisons, que je ne donne pas. Ce serait reconnaître mes tort !!!
J'ai raison, non ?
Remarquez ... il m'arrive aussi de donner raison à des gens qui ont raison aussi. Mais, là encore, c'est un tort. C'est comme si je donnais tort à des
gens qui ont tort. Il n'y a pas de raison !
En résumé, je crois qu'on a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort !





Les parcmètres - Raymond Devos

 

 

 

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Les parcmètres, c'est une tricherie!
Vous savez que ça rapporte une fortune aux pouvoirs publics?
Une fortune!
Je le sais parce que mon voisin
s'est fait installer un
petit parcmètre clandestin devant chez lui . . .
Tous les soirs, il va retirer la recette . . .
Il vit bien!
Il s'est même acheté une voiture!
Evidemment, il l'a mise devant
son parcmètre.
Depuis, il ne fait plus un rond.
Mais ça, c'est de sa faute!




Ça n'arrive qu'à moi! - Raymond Devos

 

 

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Les gens disent tous la même chose!
Ils disent tous, lorsqu'il leur arrive quelque chose:
« Ça n'arrive qu'à moi! »
De temps en temps, il y en a un à qui il n'arrive
rien, qui ne dit pas comme tout le monde.
Il dit « Ça n'arrive qu'aux autres! »
Parce qu'il a entendu les autres dires:
« Ça n'arrive qu'à moi! »,
il croit que ça n'arrive qu'à eux (aux autres)!
Alors que peut-être, il n'y a qu'à lui que ça arrive
de penser que ça n'arrive qu'aux autres!
Encore que lorsqu'il s'en aperçoit,
il dit comme les autres:
« Ça n'arrive qu'à moi! »
Cela m'est arrivé ... à moi!
Alors, si cela vous arrive ...
je veux dire, si vous faites partie de ceux qui,
comme moi, disent: « Ça n'arrive qu'aux autres! »
posez-leur la question, aux autres!
« Qu'est-ce qui vous arrive? »
Ils vous répondront tous la même chose:
« Nous ne savons pas ce qui nous arrive,
mais ça n'arrive qu'à nous! »
Par contre, si vous faites partie des autres,
de ceux qui disent: « Ça n'arrive qu'à moi! »
posez-vous la question ... à vous:
« Qu'est-ce qui t'arrive? »
Et vous verrez que ce qui vous arrive ...
c'est ce qui arrive aux autres!
C'est ce qui arrive à tout le monde!
Et vous concluerez comme moi,
par cette petite phrase sibylline:
« Ce qui n'arrive qu'aux autres
n'arrive qu'à moi aussi! »
Et vous vous sentirez solidaire!



Sans dessus dessous - Raymond Devos

 

 

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Actuellement,
mon immeuble est sens dessus dessous.
Tous les locataires du dessous
voudraient habiter au-dessus!
Tout cela parce que le locataire
qui est au-dessus
est allé raconter par en dessous
que l'air que l'on respirait à l'étage au-dessus
était meilleur que celui que l'on respirait
à l'étage en dessous!
Alors, le locataire qui est en dessous
a tendance à envier celui qui est au-dessus
et à mépriser celui qui est en dessous.
Moi, je suis au-dessus de ça!
Si je méprise celui qui est en dessous,
ce n'est pas parce qu'il est en dessous,
c'est parce qu'il convoite l'appartement
qui est au-dessus, le mien!
Remarquez . . . moi, je lui céderais bien
mon appartement à celui du dessous
à condition d'obtenir celui du dessus!
Mais je ne compte pas trop dessus.
D'abord parce que je n'ai pas de sous!
Ensuite, au-dessus de celui qui est au-dessus,
il n'y a plus d'appartement!
Alors, le locataire du dessous
qui monterait au-dessus
obligerait celui du dessus
à redescendre en dessous.
Or, je sais que celui du dessus n'y tient pas!
D'autant que, comme la femme du dessous
est tombée amoureuse de celui du dessus,
celui du dessus n'a aucun intérêt à ce que
le mari de la femme du dessous
monte au-dessus!
Alors, là-dessus ...
quelqu'un est-il allé raconter à celui du dessous
qu'il avait vu sa femme bras dessus,
bras dessous avec celui du dessus?
Toujours est-il que celui du dessous
l'a su!
Et un jour que la femme du dessous
était allée rejoindre celui du dessus,
comme elle retirait ses dessous ...
et lui, ses dessus ...
soi-disant parce qu'il avait trop chaud en dessous ...
Je l'ai su parce que d'en dessous,
on entend tout ce qui se passe au-dessus ...
Bref! Celui du dessous leur est tombé dessus!
Comme ils étaient tous les deux soûls,
ils se sont tapés dessus!
Finalement, c'est celui du dessous
qui a eu le dessus!



Je me suis fait tout seul- Raymond Devos

 

 

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Mesdames et messieurs ... je vous signale tout de suite que je vais parler pour ne rien dire.
Oh! je sais!
Vous pensez:
« S'il n'a rien à dire ... il ferait mieux de se taire! »
Evidemment! Mais c´est trop facile! ... C´est trop facile!
Vous voudriez que je fasse comme tout ceux qui n´ont rien à dire et qui le garde pour eux?
Eh bien, non ! Mesdames et messieurs, moi, lorsque je n´ai rien à dire, je veux qu´on le sache!
Je veux en faire profiter les autres!
Et si, vous-mêmes, mesdames et messieurs, vous n´avez rien à dire, eh bien, on en parle, on en discute!
Je ne suis pas ennemi du colloque.
Mais, me direz-vous, si on en parle pour ne rien dire, de quoi allons-nous parler?
Eh bien, de rien! De rien!
Car rien ... ce n´est pas rien
La preuve c´est qu´on peut le soustraire.
Exemple:
Rien moins rien = moins que rien!
Si l´on peut trouver moins que rien c´est que rien vaut déjà quelque chose!
On peut acheter quelque chose avec rien!
En le multipliant
Un fois rien ... c´est rien
Deux fois rien ... ce n´est pas beaucoup!
Mais trois fois rien! ... Pour trois fois rien, on peut déjà acheter quelque chose! ... et pour pas cher!
Maintenant, si vous multipliez trois fois rien par trois fois rien :
Rien multiplié par rien = rien.
Trois multiplié par trois = neuf.
Cela fait rien de neuf!
Oui ... Ce n´est pas la peine d´en parler!
Bon! Parlons d´autres choses! Parlons de la situation, tenez!
Sans préciser laquelle!
Si vous le permettez, je vais faire brièvement l´historique de la
situation, quelle qu´elle soit!
Il y a quelques mois, souvenez-vous la situation pour n´être pas pire que celle d´aujourd´hui n´en était pas meilleure non plus!
Déjà, nous allions vers la catastrophe nous le savions ...
Nous en étions conscients!
Car il ne faudrait pas croire que les responsables d´hier étaient plus ignorants de la situation que ne le sont ceux d´aujourd´hui!
Oui! La catastrophe, nous le pensions, était pour demain!
C´est-à-dire qu´en fait elle devait être pour aujourd´hui!
Si mes calculs sont justes!
Or, que voyons-nous aujourd´hui?
Qu´elle est toujours pour demain!
Alors, je vous pose la question, mesdames et messieurs:
Est-ce en remettant toujours au lendemain la catastrophe que nous
pourrions faire le jour même que nos l´éviterons? D´ailleurs je,
vous signale entre parenthèses que si le gouvernement actuel n´est
pas capable d´assurer la catastrophe, il est possible que l´opposition s´en empare !



Jésus revient - Raymond Devos

 

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Je viens de lire sur un mur une chose étonnante.
Quelqu'un avait écrit:
« Jésus revient. »
C'était en toutes lettres:
« Jésus revient. »
Vous vous rendez compte
Jésus!
C'est important!
Jésus!
C'est le ciel!
Et les gens passaient à côté... indifférents:
- Tiens! Jésus revient?
Il y a même qui faisaient des réflexions désobligeantes:
- Eh bien, il a mis du temps!
Et, pourtant, si c'était vrai ?
Si Jésus revenait?
Ce serait merveilleux!
« Jésus revient. »
Il est là!
Où?
Là!
« Ah! c'est vous? Mon Dieu! »
Je ne vous avais pas reconnu!
Si j'ai entendu parler de vous?...
Pensez!...
Quand j'était petit, on me parlait toujours du petit Jésus.
Le petit Jésus!
Je vous voyais tout petit!
Et tout à coup, je découvre... un grand Seigneur!
- Devinez qui vient dîner ce soir?
Vous me voyez devant la porte de ma demeure,
annonçant la nouvelle à travers le judas?
- Devinez qui vient dîner ce soir?
- Je vous le donne en mille : Jésus!
- Mais non!
- Mais si!
Vous voyez d'ici la (S)Cène
Il voudrait peut-être mieux ne pas raviver la Passion!

 

 


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Publié dans Raymond Devos

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